12 novembre au 12 janvier 1991. Musée de l’atelier Paul Cezanne. 13, avenue Paul Cezanne 13100 Aix-en-Provence

Cette exposition de photographies argentiques a eu lieu dans le cabanon du Jardinier de Paul Cezanne. C’est une de mes premières expositions, j’étais encore étudiante à la faculté d’Arts plastiques à Aix-en-Provence. A l’époque pas de suite Adobe CS, l’affiche a été calligraphiée à la main par Shan une amie illustratrice.

Attenant à l’atelier de Cezanne, cet espace restauré et inauguré en 1985 avec l’exposition « Pages Cezanniennes » a accueillit de nombreux rendez-vous culturels jusqu’en 1995. En 10 ans Roger Bissière, Jean Bertholle, Léo Marchutz, Lorris Junec, Albert Gleize, Henri Maillot… et moi-même, sommes conviés à investir le lieu sous la responsabilité De Marianne Bourges, la conservatrice du musée à l’époque.

Photographie : les jardins s’imposent
TEXTE DE L’ARTICLE DANS LA PROVENCE :
Prégnance : force et stabilité d’une structure perceptive particulière, privilégiée parmi toutes celles qui sont possibles.
Prégnant : qui s’impose par sa vivacité.
Le thème de cette exposition explicite la démarche du parcours visuel proposé au spectateur.
Démarche et problématique se déroulent en trois temps.

Le premier se propose comme un simple état de fait : découverte d’un jardin romantique, vivace, où la végétation s’impose et envahit merveilleusement âmes, êtres et choses.
Dans un premier temps, c’est au spectateur de percevoir et de prendre son temps : le premier temps est proposé comme un simple état de jardin structuré, un jardin romantique vivifié par la végétation ; au second plan, l’ombre lumineuse des ramures denses des arbres.





Dans un deuxième temps, c’est une conscience visuelle qui est mise en image : la lumière vive et crue du mois de juin pénètre cette végétation ; le regard ne peut y être insensible. Les ombres portées de cette nature aux élans de profusion créent des contrastes profonds et transforment la vision première.

L’espace et le corps s’y retrouvent baignés d’un tachisme de clair-obscur. Les images prennent alors un caractère fantastique, voire abstrait. De la métaphore au fragment de réalité, le propos reste le même : la puissance et le rayonnement d’une nature débordante, la transformation qui mettent en œuvre lumière et nature.







Le troisième mouvement est celui de la manipulation plastique. Utilisant comme point de travail une image qui fera office de module, la multiplication de celle-ci permet la création d’un nouvel espace proche de l’abstraction.

Espace confus du rêve, de l’imaginaire et du fantastique, où végétation, corps, ombres et lumière se rencontrent pour donner une dimension autre à l’image.







Ces trois approches du jardin ont en commun un travail sur la végétation et l’envahissement, la prégnance de cette nature. Foisonnement, enchevêtrement végétal qui ne s’offre à nos yeux et ne s’inscrit photographiquement qu’avec l’intervention de l’élément premier : la lumière.
[…] alors étudiante de 22 ans. C’est en 1991 que Marianne me propose d’exposer le projet « Prégnance » mes photographies du jardin de l’atelier des Lauves. J’accepte, c’est une de mes […]